Lancement de la marque « French Healthcare »

Les produits de santé constituent le troisième secteur d’exportations françaises avec 28,7MdEuros et une contribution positive au solde commercial de la France de 3,3MdEuros en 2015. La France accueille quatre des 25 instituts publics de recherche les plus innovants du monde selon le classement de Thomson-Reuters.

Santé - Lancement de la marque French Healthcare - « La santé, une excellence qui s’exporte » - Discours de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international (Paris, 15/03/2017)

"Messieurs les Ministres,
Monsieur le Fédérateur, Cher Jean-Patrick Lajonchère,
Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs généraux,
Madame la Directrice,
Mesdames et Messieurs,

Il m’appartient de conclure, je ne sais pas si c’est une vraie conclusion, mais en tout cas de tirer quelques leçons de cet intense échange que vous avez eu cet après-midi. Je remercie Matthias Fekl et Jean-Marie Le Guen de leur présence. Je sais, Messieurs les Ministres, tout l’intérêt que vous portez, dans les missions qui sont les vôtres auprès de moi, au sujet qui nous réunit aujourd’hui et tout votre engagement pour faire connaître l’excellence française en matière de santé sur la scène internationale.

J’adresse aussi tous mes remerciements à Jean-Patrick Lajonchère, pour sa mission de fédérateur. J’ai eu l’occasion de participer à un déjeuner de travail avec un certain nombre de partenaires autour d’un moment que vous avez animé. Et cette implication est très importante non seulement dans l’organisation de cet événement mais aussi, plus largement, pour votre engagement aux côtés du ministère des affaires étrangères depuis plus d’un an. On voit donc que les choses avancent.

Je vous remercie également toutes et tous de votre participation et de votre présence bien sûr. Le nombre et la diversité des organisations présentes témoignent du dynamisme qui est en marche. Cette dynamique, celle de l’internationalisation de la santé française, a été illustrée par chacune des interventions que nous avons entendues, qu’elles relèvent du commerce, de l’offre de soins ou de la formation.

***

Dans la sphère commerciale et industrielle, je salue la capacité d’innovation de nos entreprises. Leur appétence pour des actions collaboratives et pour une approche groupée des marchés est un grand motif de satisfaction. Il est souvent dit qu’en France, les entreprises ne savent pas travailler ensemble. Ce qui a été présenté aujourd’hui démontre exactement le contraire, l’envie de projets collectifs, qui est la bonne manière de contribuer à la promotion des intérêts français. Nous devons capitaliser sur cet élan et travailler avec tous les acteurs, au service de la création d’emplois, de valeur dans nos territoires et avec nos territoires. Les exemples qui nous ont été montrés, notamment à Strasbourg, sont éloquents. Quand je vois combien ces femmes et ces hommes nous aident à façonner l’image d’une France dynamique sur la scène internationale, je pense qu’il faut le dire et le saluer, parce que ces hommes et ces femmes y croient et sont animés d’une passion. Et il nous a ppartient non seulement de la reconnaître mais de la promouvoir.

C’est donc le rôle aussi de la diplomatie française dont la diplomatie économique est une partie essentielle et qui est une dimension incontournable de l’action de ce ministère au quotidien. Je ne sais pas si vous le savez mais 40% du temps de nos ambassadeurs que nous évaluons est consacré à la diplomatie économique. Donc les choses ont changé. Une nouvelle culture s’est développée et tous les acteurs sur le terrain, ceux qui vont aussi à l’international, peuvent témoigner qu’il y a vraiment, dans nos postes, des équipes qui coordonnent cette action de promotion à l’international de nos capacités, avec nos opérateurs qui sont souvent sur des lieux de proximité des postes des ambassadeurs et dont, je crois, qu’il est vraiment très important de saluer le travail, de l’encourager et de vous le dire aussi, à vous.

Puis, il y a tout un travail entrepris, mais cela demande plusieurs années d’investissement, c’est l’organisation de comités stratégiques de filières. Là, je pense qu’avec les organismes professionnels, le pilotage et le dialogue sectoriel qui nous a été présenté par M. de Garidel, il y a là quelque chose qui s’est produit depuis plusieurs années et qui nous apportent des résultats. Il ne faut en aucun cas négliger le soutien que la France peut apporter aux acteurs privés et aux porteurs de projets. Il ne s’agit pas de faire à leur place mais, effectivement, d’accompagner, de promouvoir et c’est le rôle, en tout cas, de la diplomatie française, je voulais vous le dire ici, au Quai d’Orsay.

Quant aux acteurs hospitaliers, ils contribuent tous les jours à la réputation d’excellence de la santé française, par leur professionnalisme, leur maîtrise technique, leur humanisme et leurs initiatives à travers le monde pour transmettre leur savoir et en faire profiter toutes les populations y compris les plus défavorisées. Il y a une culture, un état d’esprit français. Il n’y a pas de raison d’avoir des complexes, quelqu’un a parlé tout à l’heure de chauvinisme, je pense qu’il faut être fier de ce que nous sommes capables de faire. Ce n’est pas l’immobilisme mais c’est à partir d’un ensemble de valeurs, d’une culture, d’une tradition, d’un héritage que nous pouvons porter plus loin ce savoir-faire et cette excellence. Donc, je crois qu’en effet nous pouvons le revendiquer avec fierté.

Ces acteurs ont parfaitement compris le besoin d’élargir leur champ d’action et de valoriser leur expertise, non à des fins lucratives, mais parce que c’est une condition de l’efficacité et de la réussite de leurs actions. Il faut aujourd’hui savoir parler le langage mondial du développement de projets, technique, juridique et commercial. C’est une condition pour protéger les spécificités et la qualité de notre système de santé. C’est ce que fait l’IRCAD et c’est l’ambition que porte l’AP-HP. On pourrait citer d’autres exemples en France, notamment dans le cadre du programme des investissements d’avenir et le soutien aux IHU, il s’est passé quelque chose, des dynamiques nouvelles sont en train de prendre une ampleur sans précédent. Je crois donc que c’est la bonne méthode, c’est la constitution d’écosystèmes. C’est vrai dans le secteur de la santé comme dans d’autres secteurs.

Je pense aussi à l’ensemble des centres hospitaliers universitaires, engagés individuellement et collectivement dans un mouvement de structuration de leurs activités internationales, sous l’impulsion de la Fédération hospitalière de France et de la conférence des directeurs généraux de CHU.

Je pense aussi aux acteurs privés de la santé, comme le centre Gustave Roussy, premier centre européen en oncologie et établissement pionnier pour le développement des activités internationales, grâce au dynamisme de son directeur général le professeur Alexander Eggermont, dont je salue la présence à nos côtés aujourd’hui.

C’est pour accompagner ces mouvements, ces ambitions que le gouvernement a décidé d’assouplir les contraintes imposées aux CHU par leur statut. C’est aussi dans cet esprit que nous voulons valoriser les normes hospitalières françaises à l’étranger. À ce titre, Expertise France, Business France et l’AFD sont des soutiens essentiels et de plus en plus engagés dans cette dynamique.

Pour autant, je n’oublie pas que l’essentiel de nos succès sur la scène internationale se joue sur notre territoire. L’accueil de médecins et d’étudiants étrangers doit être un principe cardinal de notre stratégie d’influence, comme cela a été rappelé par le professeur Ayoubi. La réputation française se forge dans le creuset de cette ouverture aux autres, grâce aux liens créés de génération en génération. Ces liens nous permettent d’entretenir une relation particulière avec de nombreux pays et de nouer avec eux des partenariats solides et de plus en plus ambitieux.

Je tiens aussi à saluer les efforts menés depuis cinq ans par le ministère de la santé et par la directrice générale de l’offre de soins pour faciliter les conditions d’accès des étudiants et médecins étrangers aux formations françaises. Ces médecins et futurs médecins sont nos meilleurs ambassadeurs, tout comme le sont les patients soignés en France qui, de retour dans leur pays d’origine, se font les porte-paroles enthousiastes de l’excellence du système de santé français. Vous nous avez dit tout à l’heure que, d’un côté ou de l’autre de la frontière, cela venait toujours dans le même sens, c’est-à-dire en notre faveur. C’est une information qui a beaucoup de valeur, sur laquelle il faut s’appuyer.

Toutes ces évolutions nous obligent à ne plus penser notre santé et ses acteurs dans un strict cadre national. Il faut voir large, qu’il s’agisse des échanges de biens, de services, d’expertises, de savoir-faire ou de coopérations institutionnelles. Au-delà de l’attractivité de notre pays, les défis de la santé dans le monde nous y obligent.
Beaucoup a déjà été fait. Beaucoup reste à faire, comme Matthias Fekl et Jean-Marie Le Guen l’ont rappelé. La compétition internationale est rude et les besoins immenses. Les solutions que la France propose souffrent peut-être parfois d’un manque de lisibilité et les opportunités qui existent ne sont pas toujours saisies avec suffisamment d’efficacité.

C’est pour cette raison que le Quai d’Orsay, avec le soutien des ministères chargés de la santé, de l’industrie et de la recherche et grâce à l’implication des professionnels, a encouragé la création d’une marque collective. Cette marque collective, vous la voyez, elle est là, French Healthcare, elle est cousine d’une autre marque qui maintenant est installée, c’est la marque French Tech. Elle est connue partout et je peux en témoigner à travers tous mes déplacements. Mais peut-être vous-mêmes vous vous rendez compte, ayant des occasions aussi d’aller souvent à l’étranger, que la French Tech est reconnue et que, de ce fait, beaucoup de pays qui l’ignoraient ont découvert que la France était un pays d’innovations et qu’elle était même bien placée sur le plan de l’innovation.

Donc, il n’y a pas de raison que, dans le domaine de la santé, en travaillant avec la même méthode, nous n’arrivions pas au même résultat. La démarche, au-delà de la marque, c’est aussi un état d’esprit. French Healthcare est destiné à rendre notre offre plus lisible en matière de santé pour aller tout de suite à l’essentiel.
French Healthcare est le produit d’un travail collectif mûri par les acteurs de terrain. Cette marque est la synthèse de tout ce que vous avez entendu ce soir : la confiance dans la qualité de notre modèle de santé, la fierté des réalisations de ceux qui le font vivre et l’ambition de le faire rayonner davantage.

French Healthcare va donner davantage de visibilité aux acteurs de la santé et aux solutions que cette communauté d’excellence peut proposer à nos partenaires étrangers. J’espère que tous ceux qui constituent l’écosystème français de la santé s’identifieront à cette marque nouvelle. Donc, maintenant, c’est à tous les acteurs de jouer le jeu, de s’engager à fond. Ceux qui sont là l’ont bien compris. C’est pourquoi vous êtes là aussi, afin de favoriser l’échange, les collaborations et l’innovation entre entreprises, hôpitaux, chercheurs et administrations.

Dans quelques semaines, l’association French Healthcare, qui portera la marque, commencera à recruter ses adhérents. Ils pourront utiliser son logo pour bien identifier la démarche, pour soutenir des projets, pour mener des actions conjointes. Donc, je vous appelle toutes et tous à être des acteurs de cette adhésion à cette démarche. Il est très important de faire partager en quelque sorte une ambition. Je sais que l’on peut compter sur votre détermination, vous en avez déjà fait la preuve. Je pense que nous franchissons une étape et je suis convaincu que, grâce à cette démarche, nous allons aller beaucoup plus loin, avec beaucoup d’ambition et avec aussi la conviction que nous pouvons avoir confiance dans nos capacités.

J’étais à Stockholm lundi et j’ai visité un écoquartier, encore un autre secteur des capacités françaises, avec la même démarche que celle pour la santé ; nous avons organisé cette filière de la ville durable. Et là on s’aperçoit que nos grands groupes, nos PME sont capables d’innovation et, pour ces projets ambitieux de ces villes de demain, des villes durables, des villes qui s’inscrivent aussi dans la stratégie de l’accord de Paris, il est impressionnant de voir à quel point nos entreprises ont des capacités à répondre et sont souvent innovantes et en avant-garde. Simplement, le fait de le faire ensemble démultiplie les capacités.

Chaque jour, nous pouvons le démontrer, que ce soit dans la ville durable, que ce soit French Tech, que ce soit French Healthcare, vous pouvez aussi le démontrer et vous allez le démontrer. Je vous remercie de votre mobilisation."

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Dossier de presse "La santé française : une excellence qui s’exporte" (PDF - 937.9 ko)
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En savoir plus :

- French Healthcare, la marque des acteurs français de la santé à l’international sur France Diplomatie

Dernière modification : 17/03/2017

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