Entretien de l’Ambassadeur avec LePetitjournal.com (13.01.2017)

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Jean-Michel Casa
Ambassadeur de France au Portugal

En ce début d’année 2017, lepetitjournal.com/lisbonne a rencontré M. Jean-Michel Casa, ambassadeur de France au Portugal. Diplômé de Sciences Po Paris et de l’ENA, il a fait carrière au ministère des Affaires étrangères, notamment dans des postes en lien avec l’Union européenne. Successivement ambassadeur de France en Jordanie (2002-2006), en Israël (2006-2009) et en Argentine (2013-2016) ; il s’est installé à Lisbonne comme nouvel ambassadeur de France au Portugal à la fin septembre 2016. Au cours de cet entretien il a présenté ses vœux de bonne année aux lecteurs du Lepetitjournal et a évoqué son parcours et ses projets en tant qu’ambassadeur de France au Portugal.

Avant d´avoir été en poste comme ambassadeur dans deux pays du Moyen-Orient et ensuite dans un pays d´Amérique latine, vous avez occupé plusieurs fonctions rattachées à l´Union européenne au Quai d´Orsay. Est-ce-le hasard des fonctions diplomatiques ou êtes-vous un européen convaincu ?
Je suis un européen convaincu. A la fois par conviction, par attachement personnel, et par métier, j’ai donc réalisé une partie de ma carrière dans le cadre de l’Union européenne à différents postes. Notamment directeur général des affaires européennes au ministère des Affaires étrangères entre 2009 et 2013. J’avais aussi été, auparavant, pendant 5 ans, directeur de cabinet du ministre délégué aux affaires européennes. Précédemment, j’avais déjà occupé des fonctions à la direction des affaires européennes et à notre Représentation permanente auprès de l’UE, à Bruxelles. Il était logique en quelque sorte que je poursuive ce parcours en faisant quelque chose que je n’avais jamais fait jusqu’alors : être ambassadeur bilatéral dans un pays de l’UE. J’ai été successivement ambassadeur en Jordanie et en Israël, à une époque où le processus de paix avait encore quelque contenu. Nous essayons d’ailleurs toujours de le maintenir sur les rails, notamment avec la conférence du 15 janvier à Paris(1).

Gardez-vous un espoir réel concernant la possibilité d´une solution entre Israël et la Palestine à la suite de la réunion de ce 15 janvier ?
Il faut toujours avoir de l’espoir dans cette région du monde, il ne faut jamais relâcher sa motivation.
C’est un sujet qui m’a toujours intéressé et que je continue de suivre de près. Puis, j’ai décidé de partir plus loin, mais dans un pays très européen : l’Argentine. Ce pays a une culture très européenne. L’Argentine a tenté de développer avec ses voisins, et notamment le Brésil, une sorte de communauté sur le modèle européen, le Mercosur, et il y a également un projet de développement de la relation entre l’UE et le Mercosur. C’était une manière pour moi de prolonger cette expérience européenne, d’une part avec deux pays du Proche-Orient qui ont une relation très forte avec l’UE et d’autre part avec l’Argentine qui a une relation très forte avec l’Europe et qui a ce projet d’une relation de bloc à bloc. Après ces expériences, j’avais un grand intérêt pour servir dans un pays de l’UE, dans un Etat qui est l’un des plus actifs au sein de l’UE, qui n’est pas un des pays fondateurs, mais qui aurait pu l’être si l’histoire avait été différente, si la démocratie avait été instaurée plus tôt au Portugal. Le Portugal reste un des pays où le sentiment européen est aujourd’hui le plus présent malgré la crise.

Quel regard vous ont apporté ces expériences venues de continents situés en dehors de l´Europe ?
C’était pour moi des choix délibérés de servir dans deux régions qui, pour des raisons diverses, ont des relations fortes avec l’UE. Exercer le métier de diplomate hors de l’UE donne une autre vision, cela permet également de voir quelles sont les attentes vis-à-vis de l’Europe à l’étranger. Et dans les pays où j’ai travaillé, il y a une très forte demande d’Europe. Israël a ainsi souhaité très longtemps un "upgrade" de sa relation avec l’UE, qui est aujourd´hui un peu ralenti par les aléas du processus de paix. Les pays de la région ont aussi cette forte demande d’implication européenne dans le processus de paix. Ainsi, du côté palestinien, on cherche une très forte implication européenne dans le processus.

L’UE méconnait-elle sa force, en particulier à cause des difficultés qu´elle traverse ?
Je ne pense pas que l’Europe connaisse des difficultés insurmontables. Il y a une crise de croissance et d’autres difficultés sont apparues avec la crise de l’euro. Or, malgré la crise de l’euro, plusieurs des pays qui ont connu cette crise s’en sont sortis : l’Irlande et le Portugal. Le Portugal est sorti de cette crise de manière anticipée sans demander une dernière tranche de prêt, il a réussi son programme de redressement au prix de gros efforts. Mais cet ajustement a été suivi aussi d’un changement de notre vision de l’Europe : nous voulons, les Français et les Portugais notamment, une Europe qui soit moins centrée sur l’austérité, qui soit moins centrée sur la rigueur budgétaire tout en continuant de sortir de ce qu’on appelle la procédure de déficit excessif, qui touche aussi la France. Il y a une grande similitude entre le Portugal et la France, avec une approche nouvelle : la rigueur budgétaire certes mais on a aussi mis en place des mesures de soutien à la croissance et à l’emploi qui correspondent également à la vision française et à la vision du président de la Commission européenne. C’est d’ailleurs très significatif que ce soit le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui ait été invité à conclure le 5 janvier (il n´a pu se déplacer au dernier moment) les travaux de la conférence des ambassadeurs portugais, notamment avec son plan de relance de l’investissement en Europe. Le commissaire européen à l’économie et aux finances Pierre Moscovici a aussi joué un rôle important pour éviter des sanctions au Portugal : de façon indépendante, il a su aider le Portugal à réussir cet exercice très difficile, qui est à la fois de respecter les obligations européennes et de redonner de la respiration, du souffle, à l’économie. Cette politique porte ses fruits, les résultats sont là. L’austérité devenait quelque chose d’étouffant, c’est la vision qu’a la France sur le sujet, c’est aussi la vision de la Commission européenne. Cette proximité avec le Portugal et cette vision française de l’Europe ne changeront pas, à mon sens, avec les prochaines élections : une vision empreinte de rigueur, avec un objectif de remise en état des finances publiques, mais une approche qui dit aussi qu’on ne doit pas avoir qu´une vision comptable de l’Europe, que celle-ci doit être aussi dynamique et orientée vers la croissance.

La "dynamique" n´est-elle pas difficile quand on regarde les taux de chômage et les niveaux de la dette pour une grande part des pays européens ?
Prenons le cas de l´Espagne, celle-ci a connu des difficultés, plus politiques qu’économiques, qui ont retardé son retour dans les normes européennes avec cette crise politique [incapacité à former un gouvernement ; ndlr] qui a duré près de deux ans. La Grèce a ses difficultés propres. Il reste aussi un problème qui concerne plus particulièrement le Portugal et l’Italie : les banques. L’endettement de ces deux pays est lourd, il dépasse largement les objectifs fixés. Et effacer la dette publique n’est pas possible. Ce dont il est question aujourd’hui, pour la Grèce notamment, c’est le rééchelonnement de la dette dans le temps, en changer les modalités. Dans le cas du Portugal la question n’est pas posée, pas officiellement du moins. Concernant le Portugal, c’est moins un problème de dette, que je crois soutenable, à condition que les taux d’intérêts n’augmentent pas trop, qu´une restructuration du secteur bancaire qui est en cause, notamment celle de la Caixa Geral de Depósitos ou du Novo Banco. C’est certainement un sujet important pour les prochains mois, pour le Portugal mais aussi pour l’Italie.

Nous sommes aussi dans une année complexe sur le plan électoral : élections en France, en Allemagne, et une situation qui n’est pas complètement stabilisée en Espagne [le gouvernement de Mariano Rajoy ne dispose que d’une majorité relative ; ndlr]. La situation est également compliquée en Italie, où Matteo Renzi a dû démissionner après un référendum perdu. Le Brexit est aussi venu compliquer terriblement la vie des Européens. C’est dans l’intérêt des Européens et des Britanniques que ce problème soit réglé le plus rapidement. Pour l’instant nous ne traitons qu’avec un seul gouvernement, celui de Mme May, et nous attendons qu’elle engage les négociations sur la base de l’article 50 du traité de Lisbonne [qui permet de sortir de l’UE ; ndlr]. Les négociations à ce sujet doivent s’engager aussi vite que possible. Deux ans après l’activation de l’article, l’Etat "sortant" n’est plus soumis aux traités européens, et on ne peut pas rester dans une situation de vide juridique. Contribuer à maintenir une certaine similitude d’approche entre le Portugal et la France sur les grands sujets européens est un peu ma mission prioritaire à Lisbonne. J’en parlais à propos des questions financières mais c’est la même chose pour le Brexit, les Portugais le disent peut-être moins que nous (ils ont une relation très ancienne avec le Royaume-Uni). Ils restent cependant très clairs sur cette question, ils souhaitent que les choses aillent rapidement. Il sera bénéfique pour le Portugal et pour les autres pays de l’UE d’avoir une clarification des relations avec le Royaume-Uni le plus rapidement possible.

Vous avez choisi ce poste d’ambassadeur au Portugal, quel regard plus général portez-vous sur le pays ?
C’est une des plus anciennes nations d’Europe, c’est un pays profondément européen. S´il n’avait pas fallu attendre 1974 pour que le pays se débarrasse de la dictature, je pense que le Portugal aurait été un membre fondateur et, par l’esprit, il est un membre fondateur. Quand je suis entré au Quai d’Orsay en 1984, le premier dossier que l’on m’a confié était celui de l’adhésion de l’Espagne et du Portugal à la CEE. Ensuite, quand j’ai travaillé avec M. Moscovici, j’ai pu collaborer avec le gouvernement Guterres et j’ai gardé un contact étroit avec mes homologues portugais quand j’étais directeur général des affaires européennes.
Le Portugal est l’exemple même de ce formidable succès qu’est l’Europe, qui n’est pas du tout, contrairement à ce qu’affirment les eurosceptiques, une machine à niveler les identités. Le Portugal est tout le contraire, c’est un pays parfaitement intégré qui n’a peut-être jamais eu une identité aussi épanouie que maintenant, qui est sorti de décennies de dictature, de sous-développement économique et qui a fait un bond en avant phénoménal grâce à l’Europe. Pour le constater, il suffit de se promener partout dans le pays. Ce qui me frappe c’est précisément que le Portugal vit de mieux en mieux son identité, sur le plan de la qualité culinaire, de la qualité des vins, de la valorisation des cultures, des traditions régionales, des appellations d’origine. C’est un pays qui est de plus en plus à l’aise avec son histoire, avec ses différents terroirs, avec beaucoup de régions du monde, ou encore, par exemple, dans ses relations avec l’Espagne qui sont beaucoup plus saines qu’il y a vingt ou trente ans. Le Portugal vient de fêter les 30 ans d’adhésion à l’UE, ça peut paraître peu, mais, en même temps, c’est un autre pays qu’il y a trois décennies.

Un nombre non négligeable de citoyens français, viennent s’installer au Portugal depuis deux à trois ans. Les avantages fiscaux au-delà de la qualité de vie sur place vous paraissent-ils pertinents ?
Je ne suis pas sûr que les aspects fiscaux soient le facteur le plus déterminant, même si bien sûr les avantages fiscaux peuvent jouer un rôle pour certains retraités notamment [statut de RNH ; ndlr]. Il y a également, et je le signale, un accord de non-double imposition qui est en cours de ratification par les parlements français et portugais (2). On constate aussi une plus forte demande d’inscription aux lycées français de Lisbonne et Porto, et dans ce cas cela montre que des familles viennent s’installer au Portugal, ce qui peut par la suite contribuer aussi à la création d’entreprises. Nous avons fait une journée avec les entreprises françaises venues pour le Websummit, qui a eu un succès phénoménal.
C’est surtout la qualité de vie qui joue en faveur du Portugal, peut-être aussi les difficultés rencontrées par les pays du Maghreb, l’Egypte ou la Turquie. Mais je le constate quand je parle avec les personnes qui viennent s’installer ici : il y a un réel intérêt pour le Portugal en lui-même. Il était connu autrefois par l’importance de la population portugaise en France, c’est d’ailleurs un élément que j’ai pu vérifier favorablement quand j’ai assisté il y a peu au Conseil de la diaspora portugaise, à Cascais. On parle en France de 1 million de Portugais, mais c’est probablement beaucoup plus, si on prend en compte les bi-nationaux, les Français d’origine portugaise qui ont gardé un fort lien avec le pays.

Etes-vous en mesure de pouvoir nous dire quelles sont les priorités de votre mandat comme ambassadeur pour l’année 2017 ?
Je suis précisément en train de les définir. Il y a une procédure qui est rodée et qui s’applique à tous les ambassadeurs : nous devons définir des priorités et des objectifs pour l´année en cours. Pour moi, dans ces priorités, il y a clairement le maintien et si possible le renforcement des convergences de vue en matière européenne. Il y a aussi le développement des relations économiques. La France est parmi les plus importants investisseurs au Portugal en termes de valeur ajouté créée. Nous sommes certainement le premier investisseur au Portugal avec l’Espagne. Nous souhaitons aussi rééquilibrer notre déficit commercial vis-à-vis du Portugal, en améliorant encore notre potentiel économique ici. Enfin, nous voulons que la France rayonne du point de vue de la culture : nous voulons une présence artistique forte, avec le développement de l’intérêt pour les idées, la culture françaises. Le Portugal est probablement un des pays les plus francophiles d’Europe. Il suffit de se promener dans la ville pour le voir. Les films français sont projetés dans toutes les salles de cinéma, la Festa do Cinema Francês a été à nouveau, cette année, un succès.

Effectuez-vous un classement prioritaire parmi ces sujets ?

Je dirais que les trois priorités que j’ai évoquées sont les plus importantes. Avec peut être une plus grande complexité pour la première. Nous avons parlé des défis financiers : les banques et la fin du processus de déficit excessif. C’est un défi important.
Il y a eu de très gros investissements au Portugal de la part de grands groupes français : Vinci dans les aéroports, Altice dans les télécoms, et Altran dans le domaine des autoroutes. Mais il y a encore beaucoup d’autres domaines dans lesquels la France pourrait se développer. Il y a aussi des entreprises françaises qui sont présentes dans le domaine de l’aéronautique au Portugal, par exemple certaines qui produisent des pièces pour Airbus. Nous devons aussi porter notre attention sur les nouvelles technologies. J’ai été frappé de voir combien d’entreprises françaises sont venues au Websummit, au mois de novembre 2016, et combien d’entre-elles envisageaient d’investir au Portugal. La surprise était d’autant plus grande que c’était le premier Websummit organisé à Lisbonne. Nous avons reçu à l´ambassade plus de 200 participants lors d´un petit déjeuner. L’ambassade est un lieu qui joue un rôle majeur pour accueillir et promouvoir les intérêts français, d´autant plus que tous les services y sont maintenant concentrés.

Est-ce que cela permet précisément une gestion plus coordonnée de l´ensemble des activités ?
Oui, plus efficace. Le choix fait par mon prédécesseur est un choix extrêmement intelligent, notamment du point de vue culturel. L´Institut français situé rue Luís Bivar avait vieilli et devenait difficile à entretenir. L’Alliance Française a maintenant de nouveaux locaux très fonctionnels. Le service culturel est dorénavant à l’ambassade avec l’Institut Français du Portugal. Il est à destination de deux publics : le public portugais et le public francophone. Il nous faut, pour des raisons de rationalité, d’économie, avoir une gestion plus cohérente, moins de doublons. L’Institut est installé ici, à l’ambassade, dans des locaux plus petits qu’auparavant, mais avec l’idée d’une plus forte projection à l’extérieur.

Que devient l’ancien bâtiment de la rue Luis Bivar ?
Il va être vendu, il y a des aspects techniques qui sont en discussion avec la mairie de Lisbonne. L’Institut fonctionne, ici, de manière plus cohérente avec le reste de l’ambassade, avec moins de coûts par rapport à ceux existants auparavant. C’est une manière plus intelligente d’utiliser les moyens dont nous disposons. Nous devons rationaliser notre dispositif, ce qui signifie faire des choix raisonnables.

Les aspects liés à l´enseignement de la langue française et notamment à la place du lycée français de Lisbonne qui semble souffrir de manque de locaux, pose-t-il la question de la création d´un nouvel aménagement des espaces ou même d´un nouveau lycée français ?
C’est un sujet sur lequel on travaille. Cela reste complexe, car d’un côté la demande est forte, notamment avec de plus en plus de Français, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la présence des élèves portugais, car s´il y a tellement de bons francophones dans ce pays, c’est parce qu’il y a de nombreux élèves portugais dans les lycées français. N’allons pas trop vite. Nous avons déjà un lycée à Lisbonne, notre priorité est de lui donner plus d’espace et il faut commencer par le commencement. Il est d’ailleurs très intéressant de savoir qu’en avril prochain, le rassemblement mondial des anciens élèves des lycées français se tiendra à Lisbonne. Cela confirme la vitalité du Portugal et le succès de ce lycée. Il doit pouvoir continuer d’accueillir plus d’élèves français mais ne doit pas perdre de vue son public portugais.

2017 est une année d´élection législative et présidentielle en France. Y-a-t-il déjà des visites annoncées ?
Comme dans chaque période précédant les élections, les visites sont moins nombreuses. Le Président et Premier ministre portugais se sont rendus en France ensemble pour le 10 juin, jour du Portugal. Le Président François Hollande est venu au Portugal au mois de juillet. Il s’agissait de deux visites au plus haut niveau, à un mois d’intervalle, l’été dernier. Pour 2017, il faudra sans doute attendre que les élections soient passées pour avoir des visites d’Etat à Etat. Cependant le Président François Hollande viendra à Lisbonne le 28 janvier lors du Sommet des pays du sud de l´Europe.
Nous espérons aussi une présence politique forte à l’occasion des rencontres économiques franco-portugaises, qui auront lieu le 7 mars prochain, et qui auront comme thème l’investissement et la montée en gamme de l’économie portugaise, qui est de moins en moins fondée sur les facteurs "traditionnels" mais plus tournée vers les nouvelles technologies.

Que préférez-vous au Portugal ?
Les gens, la relation humaine, la facilité dans le travail avec les autorités portugaises, mais aussi la qualité de la vie, les beautés du pays, la richesse de sa culture. La taille du pays permet de voyager facilement. J’ai commencé à aller hors de Lisbonne : je me suis rendu à Porto, à Evora, à Coimbra, je dois aller à Madère. Le choix est très diversifié. Je suis bien sûr très présent à Lisbonne, au siège de l’ambassade. Mais si je cite ces sorties à l’extérieur, c’est aussi parce qu’il est très important de ne pas rester dans son bureau, dans la capitale : le Portugal, ce n’est pas seulement Lisbonne. C’est très important de pouvoir aller, par exemple en Algarve, à la rencontre de la communauté française.

Le président Mario Soares vient de disparaître. Que vous inspire cette figure politique marquante de la vie politique portugaise ?
Je salue, comme tant de gens au Portugal, en France et dans le Monde, la figure de Mário Soares. C’est naturellement avec une grande émotion que j’ai appris sa disparition : ce grand Portugais restera dans l’Histoire comme un combattant inlassable pour la liberté et le héros de la démocratie portugaise. Ce fut aussi un grand dirigeant européen, profondément attaché à l’idéal d’une Europe unie et promoteur de toujours des liens entre les peuples français et portugais. Les plus hautes autorités françaises ont souhaité rendre un vibrant hommage à ce grand personnage politique : Lionel Jospin, ancien Premier ministre, représentant le Président de la République, Harlem Désir, Secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes, représentant le Gouvernement, et Christine Pires-Beaune, députée du Puy-de-Dôme, présidente du groupe d’amitié France-Portugal, représentant l’Assemblée nationale, ont ainsi pris part, comme cette ambassade, aux cérémonies en hommage à Mário Soares, le mardi 10 janvier.

Je souhaiterais aussi avoir votre sentiment sur une personnalité portugaise d’envergure, António Guterres ?
On ne peut qu’être très satisfait de l’élection d’un Portugais, de ce très grand monsieur qu’est António Guterres, à la tête des Nations Unies. On sait que la France a soutenu dès le départ cette candidature, bien que notre place de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU nous impose une certaine discrétion. C’est une candidature de très grande valeur. Dans un monde de plus en plus difficile, avoir quelqu’un comme António Guterres à la tête des Nations Unies est une excellente chose. Avec son expérience, il apportera une contribution essentielle à la tête de l’organisation. Nous avons d’ailleurs déjà pu voir son travail quand il était à la tête du Haut-Commissariat pour les réfugiés. Je le connais personnellement et on sent chez lui une vision du monde, une détermination, un engagement, ainsi qu’une fierté, bien évidemment légitime, pour le Portugal.

Propos recueillis par Custodia Domingues (http://www.lepetitjournal.com/lisbonne/accueil/actualite/267893-jean-michel-casa-ambassadeur-de-france-au-portugal) vendredi 13 janvier 2017

(1) La France organise ce 15 janvier une conférence internationale à Paris sur le Proche-Orient, avec près de 70 pays - sans les parties concernées - pour réaffirmer le soutien de la communauté internationale à une solution de deux Etats - israélien et palestinien - a indiqué la diplomatie française.
(2) Voir notre article publié le 8 septembre 2016 ; FISCALITÉ - La convention fiscale franco-portugaise

Dernière modification : 13/01/2017

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