Coronavirus : recommandations du médecin référent de l’Ambassade

Informations et recommandations concernant la pandémie de Covid-19 du docteur Da Silva, médecin référent de l’Ambassade de France au Portugal.

Madame, Monsieur,

À la demande de Madame l’Ambassadrice de France Florence Mangin et dans le contexte actuel de l’infection SARS-CoV-2 (COVID-19), je vous fais part de ce que je recommande sur le sujet aux personnes qui sollicitent mes conseils, mais qui, en cas de doute, doivent s’adresser à SAÚDE 24 en appelant (quelquefois avec insistance) le

Tél : 808 24 24 24.

1 – SE PROTÉGER POUR ÉVITER D’ÊTRE MALADE ET DE PROPAGER LA MALADIE.

Nous sommes dans une pandémie due à un virus du type SARS qui peut causer une pneumonie avec détresse respiratoire aigue.

- Ce virus peut vivre plusieurs heures voire des jours sur toute surface inerte (table, portes, vêtements, chaussures...).

- On s’infecte par contact direct des mains et on le transporte dans les voies respiratoires via la bouche, le nez ou les yeux, jusqu’aux alvéoles pulmonaires où il va nous infecter en causant une pneumonie.

Il faut donc :

- Garder ses distances avec toute personne (minimum 1 mètre) et à fortiori avec des personnes qui toussent ou éternuent dans un milieu fermé.

- Si cela n’est pas possible et en cas de nécessité pour s’occuper de quelqu’un qui est malade, il faut se protéger idéalement avec un masque type P2 ou à défaut un masque chirurgical et des lunettes. Toute barrière (écharpe, foulard) est « mieux que rien ».

2 – COMMENT SAVOIR SI ON EST CONTAMINÉ ?

On peut se laisser guider par la définition du cas d’infection parue sur le site de Santé publique France, dont la dernière mise-à-jour est du 13/03/2020 et qui détermine : le cas possible, le cas probable et le cas confirmé, joint en annexe.

Le cadre clinique de suspicion est une infection des voies respiratoires basses(poumons) et non pas un rhume ou le nez qui coule. Il se présente comme une pneumonie avec

- fièvre dans 90% des cas. Mais il existe des cas sans fièvre chez les enfants et les patients immunodéprimés (exemple : maladie oncologique).

- toux sèche

- difficulté respiratoire avérée.

Le diagnostic se base alors sur

- des analyses de sang : le SARS cause une baisse des lymphocytes et une augmentation de la protéine C réactive (PCR)

- la radiographie pulmonaire : image de pneumonie, éventuellement confirmée par scanner thoracique

- le test du coronavirus par prélèvement naso-pharyngé. Celui-ci n’est fiable que lorsqu’il est positif deux fois. C’est ce qui définit un cas confirmé dans les statistiques publiées dans les media.

D’où l’importance de ne pas se précipiter d’emblée sur le test car

- il risque d’être négatif chez les patients à une phase légère de la maladie ou chez les enfants. Le récepteur du virus se trouve dans les alvéoles pulmonaires et des études ont montré qu’il peut être négatif jusqu’à 5 fois avant de se positiver

- il coûte cher (150€ dans le privé)

3 – LA PNEUMONIE type SARS.

Incubation : 5 à 7 jours (dans 90% des cas) et jusqu’à 14 jours.

Maladie confirmée : isolement en « quarantaine  », hospitalisation (20% des cas), soins intensifs éventuels (5% des cas) pour assistance ventilatoire.

Convalescence / Guérison : après 14 jours et deux tests négatifs à 24h d’intervalle, le malade peut regagner la communauté et rentrer chez lui pour finir de récupérer.

Nota : les malades déjà infectés et qui sont hospitalisés n’ont pas besoin d’être isolés les uns des autres, car ils ne peuvent se réinfecter entre eux.

4 – CAS PARTICULIER DES ENFANTS.

Contrairement aux adultes, les enfants sont peu infectés, parce qu’ils tolèrent bien ce type d’infections virales, qu’ils ont une réponse inflammatoire adéquate et qu’ils peuvent donc éliminer ce virus sans subir de gros dégâts.

Par ailleurs, ce sont d’excellents porteurs des virus pour les autres. Il est très difficile de contrôler un enfant par les moyens de prévention (contact, lavage) que l’on recommande aux adultes. Ce virus est particulièrement contagieux et il a déjà été prouvé pour d’autres maladies (grippe aviaire, coqueluche, méningites) que la fermeture des écoles permettait de minimiser la transmission des maladies.

La responsabilité des parents est donc sérieusement engagée pour les garder protégés et les empêcher de contaminer autrui.

NB- animaux de compagnie : il paraît prouvé que les animaux de compagnie ne sont pas malades du COVID 19, qu’ils ne le transmettent pas directement aux humains, mais il faut les considérer comme une surface d’´hébergement du virus (au même titre qu’une table, un verre ou des chaussures). Exemple animal caressé par une personne confinée et qui transporte le virus sur son pelage.

5 – EN RÉSUMÉ : SUIVRE LES RECOMMANDATIONS DES AUTORITÉS.

  • Rester à son domicile si l’on est malade ou que l’on craint une contagion. Boire abondamment (thés, tisanes, cafés, soupes). Prendre du Paracétamol :

- adultes : comprimés de 500 ou de 1000mg toutes les 4 à 6 heures. Dose maximale 3g/24h

- entre 16 et 18 ans et plus de 50kg : idem adultes

- adolescents de 12 à 15 ans et poids entre 41 et 50kg : 500mg toutes les 4 à 6 heures. Dose maximale 4 prises par 24h

- enfants de moins de 12 ans : comprimés contre-indiqués. Utiliser la forme sirop à la dose de 13mg/kg toutes les 4 à 6 heures.

  • Annuler les réunions et les voyages non indispensables
  • En cas de sortie nécessaire, il faut se protéger le visage, les yeux et les mains.
    Au retour à domicile, changer ses vêtements et les chaussures portés pour les mettre à l’écart pendant quelques heures au minimum et se laver de nouveau les mains.
  • Se laver fréquemment les mains avec un savon et de l’eau chaude.

6 - CONSEILS POUR LA PÉRIODE DE CONFINEMENT.

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Conseils du médecin référent pour la période de confinement
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Dr Da Silva, médecin référent de l’Ambassade de France au Portugal.

PDF - 114.9 ko
Recommandations Coronavirus
(PDF - 114.9 ko)

Dernière modification : 22/03/2020

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