70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme [pt]

Adoptée à Paris, le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l’Homme a créé le socle sur lequel sont bâtis tous les mécanismes internationaux de défense des droits humains.

Pour la France, ce 70e anniversaire est l’occasion de rappeler que les droits de l’Homme doivent être défendus et renforcés partout dans le monde.

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Un contexte préoccupant

La célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme le 10 décembre 2018 intervient dans un contexte préoccupant. Les violations graves se multiplient dans les zones de conflit, avec pour cibles privilégiées les femmes et les personnes appartenant aux minorités ethniques, religieuses et sexuelles.
L’espace accordé aux libertés et à la société civile se rétrécit de façon considérable dans de nombreux pays. Dans l’enceinte même des Nations Unies, certains États en viennent à questionner la primauté et l’universalité des droits de l’Homme.

Des droits de l’Homme universels

Le 70e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme est l’occasion de rappeler que les droits de l’Homme ne sont pas des « valeurs » qu’il faudrait adapter aux cultures et aux identités locales. Respecter les droits de l’Homme ne relève pas du choix politique mais d’une obligation juridique. Ce sont des engagements à vocation universelle, des principes de droit garantis par des déclarations solennelles ou des traités juridiquement contraignants..

L’engagement de la France pour les droits de l’Homme

La France œuvre sans relâche à la défense de l’universalité et de la primauté des droits de l’Homme. Le combat pour le respect de ces droits fait partie des principes fondateurs de la République française et se situe au cœur de sa politique étrangère. La priorité pour la France est d’abord de recréer un espace de droit pour protéger les droits de l’Homme.

Ainsi, la France soutiendra l’action de la CPI dans l’élucidation des crimes commis contre les Rohingyas – des crimes qui pourraient être constitutifs de crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, et de génocide. Elle encourage également tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à adhérer au statut de Rome.

Nous devons aussi renforcer la place des droits de l’Homme dans l’ensemble des domaines d’action des Nations Unies.
Le Haut-Commissariat et les mécanismes du Conseil des droits de l’Homme, que la France soutient depuis leur création, sont également essentiels pour la promotion et la mise en œuvre de cet acquis.

C’est la raison pour laquelle la France sera candidate à un siège au Conseil des droits de l’Homme pour 2021-2023.

« Nous rappelons notre attachement au système international de promotion des droits de l’Homme, à la force de la règle de droit, et aux institutions multilatérales. C’est le meilleur hommage que nous puissions rendre à ceux qui, il y a 70 ans, ont rédigé une Déclaration universelle, sur les ruines d’un conflit mondial qui avait ravagé le continent européen.
L’acquis universaliste de 1948 est notre patrimoine, un « bien commun » de l’humanité que nous sommes prêts à défendre, et déterminés faire vivre. »
Jean-Yves Le Drian, Assemblée générale des Nations unies, 26 septembre 2018

Droits de l’Homme – Stratégie internationale de la France (10 décembre 2018)

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a invité Mme Dunja Mijatović, commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, et des personnalités engagées pour la défense des droits de l’Homme, à venir débattre et témoigner de l’actualité des droits de l’Homme au Quai d’Orsay le 10 décembre 2018, à l’occasion du 70e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée à Paris en 1948.
A cette occasion, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères a annoncé une nouvelle stratégie internationale de la France en matière de droits de l’Homme, dont il a présenté les grandes orientations. Cette stratégie, préparée en concertation avec la société civile, vise à rendre l’action internationale plus efficace. Elle met notamment en avant :

  • l’engagement en faveur des victimes de violences ethniques et religieuses, notamment au Moyen-Orient, qui se concrétisera, comme l’a annoncé le Président de la République, par l’accueil de cent femmes yézidies et de leurs enfants, victimes de Daech et par une contribution au fonds pour la reconstruction du Sinjar en Irak ;
  • la sécurité des journalistes, notamment via la mise en œuvre de la Déclaration internationale sur l’information et la démocratie, soutenue par le Président de la République et signée à Paris le 11 novembre dernier, lors du Forum sur la paix, à l’initiative de Reporters sans frontières ;
  • la protection inconditionnelle des personnes ayant droit à l’asile et la poursuite de notre engagement en faveur de la sécurité des défenseurs des droits ;
  • le renforcement du combat pour l’universalité des droits civils et politiques ;
  • l’engagement en faveur de la défense et de la promotion des droits des personnes LGBTI, avec pour objectif la dépénalisation universelle de l’homosexualité ;
  • un appui renouvelé à la promotion du « droit international des droits de l’Homme », la défense des institutions multilatérales et de la justice pénale internationale et l’abolition universelle de la peine de mort.

M. Jean-Yves Le Drian, a indiqué que la France porterait ces priorités en 2019 dans le cadre des présidences françaises du G7 tout au long de l’année, du Conseil de sécurité des Nations unies en mars, du comité des ministres du Conseil de l’Europe en mai. Leur mise en œuvre impliquera également un dialogue renforcé avec la société civile.

L’histoire de la déclaration universelle des droits de l’Homme

La Commission des droits de l’homme comprenait 18 membres de divers horizons politiques, culturels et religieux. Le comité de rédaction était présidé par Eleanor Roosevelt, la veuve du Président américain Franklin D. Roosevelt. Parmi les membres de la commission, le juriste français René Cassin, fut le rédacteur du premier texte de la Déclaration.

En 1948, l’organisation des Nations unies cherche à établir une coopération internationale pour faire respecter les libertés fondamentales. La Déclaration universelle définit solennellement ces libertés. L’idée fondamentale est que chacun peut vivre librement à condition de respecter la liberté d’autrui et de ne pas lui nuire. Inspiré de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le texte de 1948 précise et ajoute certains droits : droit au travail, à l’éducation et à la culture, à la santé. Depuis 1948, il s’est encore élargi en intégrant d’autres sujets comme les droits des femmes, ceux des enfants, les disparitions forcées. La déclaration de 1948 crée également pour chaque individu des devoirs de solidarité vis-à-vis de son prochain.

La Déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée à Paris le 10 décembre 1948 acceptée (avec 8 abstentions mais aucune opposition) par plus de cinquante États dont les différences, dans leurs modes de vie et de fonctionnement illustraient le caractère « universel » du texte.

Dernière modification : 11/12/2018

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